Madeleines (France)

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Les Madeleines sont par excellence les gâteaux littéraires, rendus immortels et devenus immédiatement synonymes de souvenirs, grâce à Proust et à son « À la recherche du temps perdu« , où le protagoniste, en goûtant une madeleine trempée dans le thé, est submergé par des souvenirs d’enfance.

Moelleuses, en forme de coquillage typiques de la Lorraine, dans le nord-est de la France, avec une bosse qui caractérise leur succès.

Je me souviens qu’à la première lecture du texte, encore au lycée, elles m’ont immédiatement frappé et quand je pense à un gâteau français, Proust et ses madeleines me viennent immédiatement à l’esprit.

L’histoire des madeleines est enveloppée dans la tradition française et a plusieurs versions légendaires. Leur origine remonterait au XVIIIe siècle.

La version la plus connue de la légende raconte que ⁠Madeleine Paulmier, une jeune servante au service de Stanislas Leszczyński, duc de Lorraine et beau-père du roi de France Louis XV, a inventé ces gâteaux en 1755.

⁠Le cuisinier du duc avait quitté la cuisine et Madeleine a préparé une recette de sa grand-mère avec des œufs, du beurre, du sucre et de la farine, cuite dans des moules en forme de coquillage.
Stanislas en fut si impressionné qu’il donna le nom de la fille aux gâteaux : Madeleines.

•De la cour de Lorraine, les madeleines sont arrivées à Versailles, puis sont devenues célèbres dans toute la France.
⁠Au XIXe siècle, elles faisaient déjà partie de la tradition pâtissière française, souvent servies avec le thé ou le café.

Dans la vidéo, une version sans gluten et salée.

madeleines
  • Difficulté: Facile
  • Coût: Très économique
  • Temps de repos: 3 Heures
  • Temps de préparation: 5 Minutes
  • Portions: 20/24 pièces
  • Méthodes de cuisson: Four électrique
  • Cuisine: Française
  • Saisonnalité: Toutes les saisons

Voici l’extrait de « À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann », où sont mentionnées Les madeleines


Un soir d’hiver, à peine rentré chez moi, ma mère, remarquant que j’avais froid, me proposa de prendre, contrairement à mon habitude, un peu de thé.

Au début je refusai, puis, je ne sais pourquoi, je changeai d’avis. Elle fit venir un de ces gâteaux courts et dodus, appelés madeleines, qui ressemblent au moule de la valve cannelée d’une coquille de Saint-Jacques.

Et peu après, me sentant triste à cause de la journée morne et de la perspective d’un lendemain douloureux, je portai machinalement à mes lèvres une cuillerée de thé dans laquelle j’avais laissé tremper un morceau de madeleine.

Mais à peine la gorgée mêlée aux miettes du gâteau toucha-t-elle mon palais que je tressaillis, attentif au phénomène extraordinaire qui s’accomplissait en moi.

Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans notion de cause. Et aussitôt, il m’avait rendu indifférentes les vicissitudes, inoffensifs les revers, illusoire la brièveté de la vie… je ne me sentais plus médiocre, contingent, mortel.

D’où pouvait me venir cette joie violente ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et de la madeleine. Mais elle le dépassait infiniment, elle ne devait pas être de la même nature.

D’où venait-elle ? Quel sens avait-elle ? Où l’arrêter ? Je bois une seconde gorgée, je n’y trouve plus rien du premier, une troisième qui m’apporte encore moins que la seconde.

Et le temps de cesser, la vertu de la boisson semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en elle, mais en moi.

Elle l’a réveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec une force toujours croissante, ce même témoignage que je ne sais interpréter et que je voudrais au moins être en mesure de lui demander et retrouver intact, à ma disposition (et justement maintenant), pour un éclaircissement décisif. Je dépose la tasse et je m’adresse à mon esprit.

C’est à lui de trouver la vérité… je remonte mentalement à l’instant où j’ai pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans aucune nouvelle clarté. Je demande à mon esprit un effort de plus… mais je remarque la fatigue de mon esprit qui n’y parvient pas ; alors je l’oblige à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se remettre en forces avant une suprême tentative.

Puis, pour la seconde fois, ayant fait le vide devant lui, je lui remets devant la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens en moi le tressaillement de quelque chose qui se déplace, qui voudrait monter, qui s’est désamarré d’une grande profondeur ; je ne sais pas ce que c’est, mais cela monte, lentement ; je ressens la résistance et j’entends le bruit des espaces parcourus…

Tout à coup le souvenir est devant moi. Le goût était celui du morceau de madeleine que, à Combray, le dimanche matin, quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.

  • 125 g beurre
  • 125 g sucre
  • 150 g farine
  • 1 cuillère à café levure en poudre pour gâteaux sans gluten
  • 2 œufs
  • q.s. arôme d'amande
  • 1 citron
  • q.s. sel

Outils

  • 1 Moule pour Madeleine

Préparation

  • Faites fondre le beurre dans une casserole et laissez refroidir légèrement.

    Montez les œufs avec le sucre jusqu’à obtenir un mélange clair et mousseux.

    Toujours en mélangeant, ajoutez la farine tamisée avec la levure, ajoutez en filet le beurre, l’arôme d’amande et le zeste râpé du citron.

    Couvrez avec un film alimentaire et laissez reposer au réfrigérateur pendant au moins 3 heures, mieux si pendant 12 heures.

    Préchauffez le four à 220°C, retirez la pâte du réfrigérateur et répartissez-la dans les coquilles, en les remplissant environ aux 2/3, faites cuire pendant 4 minutes, puis baissez à 180°C et continuez pendant encore 5 à 6 minutes.

    Sortez du four, retirez immédiatement du moule et laissez refroidir.

Post Madeleines sur Instagram @viaggiandomangiando80:

Durant les mois de préparation des nouvelles recettes pour la rubrique « Tour du monde en 20 desserts », j’ai posté les préparations sur la page Instagram du Blog, pour avoir un « feedback » de mes followers, que je remercie.

Ici vous trouvez le post avec les madeleines.

Ici vous trouvez le post avec les madeleines.

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Si vous ne l’avez pas encore fait, lisez le chef-d’œuvre de Proust, voici le volume d’où est tiré l’extrait:

Du côté de chez Swann. Édition intégrale à 10,45 €

Image de l’auteur

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