Crescia marchigiana sans gluten au levain

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La Crescia marchigiana (connue aussi sous le nom de Crescia brusca ou Pizza di Pasqua) est un pâte levée typique de la tradition pascale des Marches.

Elle se distingue par une pâte salée, riche en œufs et en fromages, consommée traditionnellement lors du petit-déjeuner du dimanche de Pâques ou lors des sorties du lundi de Pâques.

Historiquement, la recette est liée à la vie monastique du Moyen Âge ; le témoignage le plus connu la situe au monastère de Santa Maria Maddalena à Serra de’ Conti.

La préparation servait à écouler les œufs accumulés pendant la période d’abstinence du Carême. Le terme « Crescia » fait référence visuel à la forte montée de la pâte pendant la cuisson, qui la fait dépasser largement les bords du moule cylindrique.

Les ingrédients principaux sont la farine, les œufs entiers et un mélange de fromages râpés (principalement Pecorino Romano et Parmigiano Reggiano). Une caractéristique technique spécifique de la version marchigiana est l’insertion de fromage en cubes (généralement Emmental ou pecorino frais) qui, en fondant, crée des alvéoles irrégulières dans la mie.

L’utilisation du saindoux comme matière grasse et une généreuse dose de poivre noir définissent le profil aromatique et la texture du produit final.


La recette proposée ici est une version sans gluten réalisée avec du levain naturel. L’utilisation d’un levain naturel sans gluten permet une maturation plus lente de la pâte, améliorant sa digestibilité et la tenue de la structure.

Malgré de fortes ressemblances, la Crescia se différencie par quelques nuances locales de la :

  • Difficulté: Facile
  • Coût: Économique
  • Temps de repos: 20 Heures
  • Temps de préparation: 10 Minutes
  • Temps de cuisson: 50 Minutes
  • Portions: 6Personnes
  • Méthodes de cuisson: Four, Four électrique
  • Cuisine: Italienne
  • Saisonnalité: Pâques, Printemps

Ingrédients

  • 150 ml levain frais sans gluten (rafraîchi)
  • 100 ml lait
  • 500 g mélange de farines sans gluten
  • 4 œufs
  • 80 g saindoux (ou beurre fondu)
  • 150 g fromages râpés (type Pecorino des Monts Sibillini)
  • 100 g fromage en cubes (type Emmental)
  • à volonté sel et poivre

Ustensiles

  • 1 Moule 15x10x16

Étapes

  • Activation : Dissolvez le levain sans gluten dans le lait tiède.
    Pâte : Mélangez les farines et les œufs. Commencez à pétrir en ajoutant progressivement le levain dissous. Travaillez jusqu’à ce que la pâte soit homogène.


    Matières grasses et fromages : Incorporez le saindoux (ou le beurre fondu) et les fromages râpés. Une fois la pâte lisse, ajoutez à la main les dés de fromage afin qu’ils restent entiers. Ajustez le sel et le poivre.


    Fermentation : Placez la pâte dans le moule beurré (elle doit atteindre la moitié de la hauteur). Couvrez avec un film alimentaire et laissez lever dans le four avec la lumière allumée (environ 28 °C) jusqu’à ce qu’elle atteigne le bord. Avec le levain, comptez environ 8–10 heures.


    Cuisson : Enfournez à 170–180 °C pour environ 45–50 minutes.

    Laissez refroidir complètement avant de démouler pour éviter qu’elle ne s’effrite, problème fréquent des produits sans gluten. 

Les similitudes et différences entre la Crescia marchigiana et la Torta de Pâques ombrienne

Une origine partagée
Les deux recettes proviennent de la même tradition médiévale. Le document historique le plus cité pour ces deux pâtes levées est le recueil de recettes des moniales du Monastère de Santa Maria Maddalena à Serra de’ Conti, dans les Marches.


C’est dans ce monastère que fut codifiée la formule qui est aujourd’hui à la base tant de la Torta ombrienne que de la Crescia marchigiana.

Les moniales avaient la nécessité de :
Écouler les œufs : accumulés pendant les 40 jours du Carême (où il était interdit de les consommer).
Célébrer la Résurrection : en créant un pain « riche », opposé au pain pauvre et simple consommé pendant le jeûne.

Au Moyen Âge, les frontières entre Ombrie et Marches étaient très fluides et les ordres monastiques (surtout bénédictins et franciscains) se déplaçaient fréquemment entre les abbayes des deux régions, apportant avec eux des techniques de panification et des recettes.


La différence entre la « Torta ombrienne » et la « Crescia marchigiana » n’est donc pas d’origine, mais d’évolution géographique.
La recette a migré des monastères vers les cuisines paysannes.


Chaque zone a ensuite adopté le nom local et les fromages de son territoire (Pecorino des Monts Sibillini dans les Marches, Pecorino ombrien en Ombrie), ainsi que la présence de morceaux de fromage entiers dans la pâte.

De plus, tandis qu’en Ombrie la charcuterie de référence est le capocollo, dans les Marches la Crescia s’accompagne presque exclusivement du ciauscolo, le saucisson tartinable typique du territoire.


En résumé, il s’agit du même produit historique qui a pris des noms différents selon le versant de l’Apennin où il est préparé.

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