La Tarte de Pâques ombrienne, connue aussi sous le nom de Pizza au fromage, est le produit emblématique de la gastronomie pascale du centre de l’Italie.
Il s’agit d’une pâte levée salée aux origines anciennes, historiquement liée à la cuisine des monastères médiévaux, typique de la période pascale, consommée traditionnellement au petit-déjeuner du dimanche matin accompagnée de salaisons et d’œufs durs.
Les origines de la recette remontent au Moyen Âge et sont liées à la tradition monastique du centre de l’Italie. Elle était préparée entre le Jeudi et le Samedi Saint pour utiliser les œufs accumulés pendant le jeûne du Carême.
Sa forme haute et évasée est due à l’utilisation de moules spécifiques qui permettent à la pâte de se développer verticalement.
D’un point de vue technique, la préparation repose sur un équilibre précis entre la farine, les œufs et un mélange de fromages râpés, généralement Pecorino Romano et Parmigiano Reggiano.
La pâte est ensuite enrichie de poivre noir et de saindoux, élément gras qui garantit la texture typiquement moelleuse et une conservation prolongée.
La variante que je propose dans cette recette est une version sans gluten réalisée avec du levain.
L’utilisation du levain naturel, en plus d’améliorer la digestibilité et la conservation, confère une complexité aromatique qui équilibre parfaitement le salé des fromages, tout en maintenant la structure moelleuse typique de la recette traditionnelle malgré l’absence de gluten.
Bien qu’elle soit souvent confondue avec la Crescia marchigiana, ces deux spécialités présentent des différences ancrées dans le terroir.
- Difficulté: Facile
- Coût: Très économique
- Temps de repos: 12 Heures
- Temps de préparation: 10 Minutes
- Temps de cuisson: 50 Minutes
- Portions: 6 personnes
- Méthodes de cuisson: Four
- Cuisine: Italienne
- Saisonnalité: Pâques, Printemps
Ingrédients
- 150 ml levain sans gluten (rafraîchi)
- 100 ml lait
- 350 g mélange sans gluten
- 150 g farine de riz
- 80 g saindoux (ou beurre)
- 250 g mélange de fromages râpés (Pecorino et Parmigiano Reggiano et/ou Emmental)
- selon le goût poivre noir
Ustensiles
- 1 Teglia 15x10x16
Étapes
Activation : Dissoudre le levain dans le lait tiède jusqu’à ce qu’il devienne mousseux.
Pétrissage : Dans un robot pâtissier (recommandé pour gérer le côté collant des mélanges sans gluten), ajoutez les farines, les œufs et le mélange de levain. Pétrissez pendant environ 10 minutes.
Ajout des matières grasses et des fromages : Ajoutez le saindoux (ou le beurre) petit à petit. Une fois absorbé, incorporez les fromages râpés et le poivre.
Première pousse : Transférez la pâte dans un bol graissé, couvrez d’un film alimentaire et laissez reposer dans un endroit tiède (env. 26-28°C) jusqu’à ce qu’elle ait doublé de volume. Avec du levain, comptez environ 6 heures.Façonnage et seconde pousse : Dégazez légèrement la pâte, placez-la dans le moule (elle doit occuper environ 1/3 de la hauteur) et laissez lever jusqu’à ce qu’elle arrive à 1 centimètre du bord (encore 4-6 heures).
Cuisson : Enfournez dans un four statique préchauffé à 170°C pendant environ 45-50 minutes.
Différence entre la Tarte de Pâques ombrienne et la Crescia Marchigiana :
Bien que ces deux produits soient extrêmement similaires et partagent la même origine, il existe des distinctions terminologiques et techniques :
Dénomination : En Ombrie, le terme prédominant est « Torta » ou « Pizza », tandis que dans les Marches on l’appelle « Crescia » (du verbe crescere, grandir).
Consistance : La version des Marches présente souvent des alvéoles plus grandes et une quantité plus importante de fromage en morceaux visible dans la mie, tandis que la version ombrienne tend vers une pâte plus homogène et compacte.
Accords : En Ombrie, on l’accompagne typiquement de coppa ombrienne, tandis que dans les Marches il est courant de l’associer au ciauscolo.
FAQ (Questions et réponses)
Avec quoi accompagne-t-on habituellement la Tarte de Pâques ombrienne ?
Dans la tradition ombrienne (et dans celle des Marches), la Tarte de Pâques n’est pas un substitut du pain pour le déjeuner, mais la pièce maîtresse du petit-déjeuner de Pâques, un rituel presque sacré qui rompt le jeûne du Carême.
Voici les accompagnements traditionnels :
Les salaisons : Le compagnon de choix est la coppa ombrienne (affinée et poivrée).
Les œufs durs : Bénis pendant la messe pascale. Ils sont souvent servis écalés et coupés en deux, parfois assaisonnés d’un filet d’huile d’olive nouvelle.
Le vin : Bien que ce soit le matin, la tradition veut qu’on l’accompagne d’un verre de vin rouge corsé (comme un Sagrantino ou un Rosso di Montefalco) ou, dans certaines zones, avec un vin passito pour contraster le salé du fromage.
Le chocolat : Dans certaines familles, on conclut le petit-déjeuner en alternant une bouchée de tarte au fromage avec un morceau d’œuf en chocolat, créant un contraste sucré-salé très apprécié.
Curiosité : Autrefois, le petit-déjeuner comprenait aussi la « coratella » d’agneau, mais aujourd’hui la combinaison Tarte + Coppa + Œuf dur reste le trio intangible.

